DISCO

La disco est le résultat d'un mélange de funk, soul, pop et de musique latino, enrichi par de nouveaux instruments, les synthétiseurs. La musique disco, à l'origine en tout cas, est caractérisée par un rythme binaire très entraînant (120 bpm), martelé par la grosse caisse à chaque temps de la mesure 4/4, idéal pour danser. Très souvent les contretemps sont marqués par la charleston et la caisse claire marque les temps 2 et 4. Au début des années 1970, le disco est né d'une stylisation du son de Philadelphie adaptée au marché blanc (3/4 du marché US), et à un nouveau mode de vie, celui des discothèques. C'est à New York et à Miami en discothèque et grâce aux radios que le Disco démarre et triomphe. Ensuite des groupes comme Chic se produiront sur des grandes scènes...

 

Le terme discothèque semble provenir du nom d'un club situé en 1941 rue de la Huchette à Paris, à une adresse inconnue. Il se peut que ce soit le personnel qui y choisissait les disques, ou peut-être y avait-il juste un juke-box à la disposition des clients. La naissance du club a un rapport avec l'Occupation et certaines interdictions imposées par les Allemands. Le concept moderne de discothèque a cependant été inventé un peu plus tard, et ailleurs : en 1953, alors qu'elle travaillait au Whisky à Gogo à Paris, Régine a décidé de peindre les lumières de toutes les couleurs, de les animer à la main, et de remplacer le juke-box par un double tourne-disque pouvant diffuser la musique de façon ininterrompue, et surtout sous son contrôle. Régine aura de la prédilection pour de la musique animée et popularisera le cha-cha.

Après avoir été disquaire dans un club de nuit, Régine ouvre à Paris une boîte de nuit, dont Françoise Sagan assurera vite la notoriété. Elle est surnommée la "Reine de la nuit" pour ses fréquentes apparitions, dès 1951 au Whisky à Gogo, puis dans ses nombreuses discothèques dans le monde entier : Chez Régine, New Jimmy's. Elle dit ironiquement avoir "inventé" la discothèque. Elle est effectivement la première à avoir installé des jeux de lumières colorés sur une piste de danse. Au New Jimmy's, elle lance le twist en France en 1961.

LARRY LEVAN

Larry Levan est un musicien né le 20 juillet 1954, célèbre pour sa carrière au Paradise Garage de New York. Il décède le 8 novembre 1992 à l'âge de 38 ans d'une crise cardiaque. Larry Levan est l'un des premiers DJs modernes, musicien des platines à part entière ayant un style propre, faisant de la musique avec de la musique. A lui seul, il incarne ce club historique que fût le Paradise Garage et un genre musical qui portera le nom du club, le Garage. Il fut le maître à penser et à mixer de nombreux DJs mais tous reconnaissent son héritage révolutionnaire. C'est en optant pour une musique à base d'instrumentaux et de Dub qu'il va inventer ce que l'on appelle aujourd'hui le Garage, qui reste cependant le plus vocal des genres électroniques. En 1981, c'est le premier DJ à programmer de longues plages de Disco sans vocaux, ce qui va révolutionner la façon dont les maisons de disques new-yorkaises vont promouvoir leurs produits. Non seulement les maxis possèdent désormais en face B des versions instrumentales, mais aussi, adaptés du Reggae, des dubs, ces morceaux constitués de phrases musicales agrémentées d'écho. Plus qu'un DJ, Larry Levan devient une icône admirée et enviée, qui contrôle avec despotisme la direction musicale d'un Paradise Garage où l'on va autant pour danser que pour l'écouter...

PARADISE GARAGE

Le paradise garage était une discothèque située à New York aux États-Unis, ouvert officiellement en janvier 1978 sous la direction de Mel Cheren et Michael Brody. Ce club est connu aujourd'hui pour être le lieu de naissance du Garage, notamment sous l'influence du DJ résident de l'époque Larry Levan. Situé au 84, King Street, le club a également inspiré le nom du label indépendant King Street Sounds.

STUDIO 54

Créée par Steve Rubell et Ian Schrager, assistés par Carmen D'Alessio, elle fut ouverte entre avril 1977 et mars 1986. Le Studio 54 voyait passer toutes les grandes stars du moment et était un haut lieu de la scène underground new-yorkaise. Elle avait rapidement acquis un statut international et la réputation de plus grande boîte de nuit de tous les temps. La musique diffusée était principalement du disco.

Lors de la soirée d'inauguration, Carmen d'Alessio, connue pour son carnet d'adresses, envoya 5 000 invitations à travers le monde aux plus grandes stars du moment, avec un cadeau personnalisé pour chacune d'elles. L'évènement fut annoncé dans la presse par un simple "il va se passer quelque chose d'énorme". La foule était si nombreuse à se précipiter à l'entrée que plusieurs célébrités dont Mick Jagger et Frank Sinatra n'ont pas réussi à y accéder. Steve Rubell, qui a donné sa véritable âme à la discothèque, était réputé pour être impitoyable à l'entrée. Il lui arrivait parfois de laisser sa boite presque vide avec plus de 5000 personnes à l'entrée, pour la simple raison qu'à ses yeux, il était préférable d'avoir une soirée presque vide plutôt que de laisser entrer une seule personne mal habillée. Le groupe Chic en a fait l'expérience. Ceci dit, la discothèque était les trois quarts du temps pleine à craquer. La quasi impossibilité d'y entrer était à ce point connue, que lorsque qu'ils créèrent les blue jeans Studio 54, le slogan était Now everybody can get into Studio 54 : "Maintenant, tout le monde peut entrer dans le Studio 54"
Temple de la drogue sans complexe, du sexe désinhibé et de tous les excès, c'était le seul endroit à l'époque où il était décent de se laisser aller complètement. Le dernier balcon (vestige de l'ancien théâtre) était réservé aux rencontres sexuelles, et le premier carré VIP du monde (la cave du studio), était encore plus imbibée d'acides, de cocaïne et de LSD que le reste de la boîte. Par exemple, il était courant de faire tomber des ballons du plafond, avec un peu de cocaïne dedans. La cocaïne tombait alors littéralement du ciel et il suffisait de faire exploser les ballons !

Lors d'une sévère perquisition la nuit du 31 décembre 1979, Rubell et Schrager furent arrêtés et contraints à la fermeture. Cela mettait fin aux 33 mois les plus déments de l'Histoire. On retrouvera plus tard plus de 750 000 $ en liquide et une importante quantité de cocaïne à l'intérieur des murs du Studio. Ils furent néanmoins autorisés à organiser une dernière soirée d'Adieu appelée "The End of Modern-day Gomorrah" le 4 février 1980. Le studio fut racheté par Mark Fleischman et fut rouvert le 12 septembre 1981. Cependant, l'âme du Studio 54 s'était évaporée et le succès n'était plus au rendez-vous. Il ferma définitivement ses portes en 1986.

Très drôle : Bernard Edwards et Nile Rodgers du groupe Chic étaient invités à la soirée du nouvel an (1978) par Grace Jones. Arrivés à l'entrée de la discothèque, le vigile ne les laisse pas rentrer, sous prétexte qu'il s'agit d'une soirée privée. Nos deux membres rétorquent qu'ils ont été invités par Donna Summer, mais le Cerbère ne plie pas. Nos deux infortunés rentrent alors chez eux énervés et commencent à composer une chanson intitulée Fuck off. Ils trouvent la chanson bonne et décident de la renommer Freak out. Le titre fera du chemin jusqu'à devenir la fameuse chanson Le Freak. Cette dernière sera l'un des plus gros tubes du groupe, symbole de la musique disco.

Info : Le premier à avoir utilisé des jeux de lumières sur une piste de dance n'est pas le Studio 54, mais Régine, le Studio 54 a su en faire bon usage et a amélioré le concept en l'exploitant au maximum.